Devrait-on bannir l’expression  »Ressources humaines » au profit de  »Relations humaines » ?

rh
Au masculin de « capital humain », peut-on préférer le féminin de « ressources humaines » ? Non car là encore, l’homme est réifié, mis au service d’une cause matérielle, réduit à l’état de stock exploitable et consommable : il est nié dans sa volonté d’émancipation. L’homme est une personne ; il ne peut donc être une simple ressource. C’est ce que rappelait avec subtilité Jean Auroux, « les services de ressources humaines, que je préfèrerais appeler ‘des Relations Humaines’ »

Stéphane Fayol, DRH de Terreal, a ressenti le même besoin d’intégrer la dimension relationnelle, propre à l’humain: « Depuis deux ou trois ans, je travaille beaucoup sur la marque employeur de l’entreprise autour d’une image sociale forte. Tout d’abord, nous avons ajouté un R supplémentaire dans la GRH, qui est devenue la GRRH, c’est-à-dire la gestion des relations et des ressources humaines. Ce deuxième R est fondamental, car nous considérons que la gestion de la qualité des relations est importante, surtout qu’il y a aujourd’hui une perte de lien des personnes à l’entreprise ».

Maurice Thévenet, professeur au CNAM et à l’ESSEC, rappelle que le passage de la fonction « Personnel » à « Ressources humaines » était vu comme positif : une ressource, cela se préserve, cela se développe. Alors que le personnel est là pour obéir, la ressource attend qu’on la sollicite, qu’on la motive… Le terme « ressources humaines » a exercé au moins un effet positif : chacun comprend qu’une communauté n’a pas intérêt à dégrader ses ressources, ce qui a aidé à poser la question de la santé au travail et plus largement de la qualité de vie au travail.

Mais la réduction de l’humain à l’état de ressources entraîne également des effets pervers. Fabienne Autier, professeur en management des RH à l’EM Lyon l’explique clairement : « le prisme économique omniprésent pousse une frange de la population au travail à la contestation radicale [en réaction] à un traitement qu’ils perçoivent comme froid, impersonnel, et désincarné de la part de leurs directions générales. Ils n’acceptent pas d’être ramenés au statut de ressources jetables et vivent ces approches économiques comme un déni de leurs propres besoins de maintien dans l’emploi et de leur identité et singularité ».

Jean-Marie Peretti, Président de l’Institut international de l’audit social, a raison d’affirmer que les gens ont des ressources mais ne sont pas des ressources. Enfin, quelle que soit leur nature, les ressources doivent être économisées, utilisées avec parcimonie. L’objectif principal serait alors de réduire au minimum l’utilisation de la ressource, alors que l’enjeu est au contraire d’amener les ressources de l’entreprise (qui sont d’abord humaines) au maximum de leur potentiel.

L’entreprise gagnante est celle qui parvient à mobiliser et valoriser ses actifs (notamment humains et immatériels). Plus spécifiquement, le potentiel humain (compétences, capacités d’innovation, intelligence collective) devient le facteur de différenciation essentiel pour les entreprises. Leur défi aujourd’hui est de redonner du sens au travail humain tout en retrouvant des marges de croissance. Le potentiel humain aspire à mettre en mouvement le projet d’entreprise, pour parvenir à l’alignement des 3 P : Projet – Potentiel humain – Progression.

Source: Martin Richer

http://management-rse.com/2015/07/08/sommes-nous-tous-du-capital-humain/

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