Mission innovation : un défi de compétitivité

Défi de compétitivité

Le besoin d’innovation n’est tout simplement pas ressenti par bon nombre de dirigeants d’entreprises. A ce rythme, lorsque le besoin se fera sentir, le problème sera imminent. Il sera alors minuit moins quart et dans bien des cas trop tard pour rectifier la barre. La productivité manufacturière qui fut longtemps un gage de compétitivé est nécessaire mais n’est plus suffisante. Aujourd’hui, des avantages concurrentiels se retrouvent aussi en aval et en amont, dans l’innovation de gestion et l’innovation dans la commercialisation.

Le développement de produits par étapes (Stage Gate) et l’amélioration des procédés que ce soit la PVA, Lean, Kaizen, Six Sigma, Agile, Scrum ne sont pas la fin de l’histoire. En se concentrant que sur le respect des délais et des coûts, on perd de vue la valeur pour ne livrer à peine que 25% des bénéfices d’affaires possibles (Source: TOP). L’innovation de production agit comme un catalyseur de valeur dans la gestion de projets. Aurions-nous confondu l’efficience, bien faire, et l’efficacité, les bonne choses, dans un charabia ?

L’innovation intégrale se caractérise par une organisation agile qui dans un contexte d’affaires turbulent, réunit un ensemble de personnes collectivement engagés, qui font bien les bonnes choses, celles optimisant la valeur pour toutes les parties prenantes. C’est un tremplin vers de nouveaux sommets qui mobilise l’intelligence et la créativité de toute l’organisation pour atteindre sans cesse des niveaux inégalés de synergie. A cela s’ajoute l’interface à son écosystème pour en puiser des connaissances qui l’alimentent en retour.

On fait face ici à ce que Socrate appelait la double ignorance soit lorsqu’on ignore qu’on ignore quelque chose. Pire encore, cela se combine parfois avec l’effet Dunning-Kruger. En 1999, les deux chercheurs ont publié dans le Journal of personality and social psychology leur recherche à savoir pourquoi les incompétents se croient-ils meilleurs que les autres. Ils décrivaient un biais cognitif avec effet de surconfiance. Les personnes non qualifiés ne peuvent reconnaître objectivement leurs incompétences.

Pourtant, depuis les années 90, à l’heure de ce qu’il était convenu d’appeler la mondialisation des marchés, des pans entiers de notre économie se sont écroulés, comme le vêtement, la chaussure, le meuble, incapables de résister à la concurrence des pays en voie développement. Depuis lors, les tigres asiatiques sont à même de fabriquer des produits de technologie avec lesquels ils ont commencé à nous envahir. Nous serons bientôt écartelés entre une économie de ressources naturelles et une de haute technologie.

Nous avons cru longtemps que le Québec constituait en quelque sorte une île par rapport au continent-monde qui nous plaçait à l’abri des assauts de la concurrence. Le développement accéléré d’Internet et les accords de libre-échange ont modifié le paysage concurrentiel. Le réveil risque d’être brutal à moins qu’une prise de conscience émergente de la part d’innovateurs précoces ne vienne troubler le sommeil d’entrepreneurs qui ronronnent dans le confort et l’indifférence, sous l’aile protectrice de nos gouvernements.

On croit encore que c’est la peur du changement qui constitue le frein à l’innovation. En fait le problème est plus profond. C’est l’ignorance du potentiel de croissance que revêt l’innovation intégrale lorsqu’une entreprise toute entière devient innovante. Alors que la production d’innovations peut être parfois imitable, c’est beaucoup moins le cas de l’innovation de gestion, de production et de commercialisation. Conjugués ensemble, cela procure des avantages concurrentiels qui contribuent à la pérennité de l’entreprise.

Que faire alors pour soulever la torpeur des dirigeants d’entreprise ? Prêcher par l’exemple certes, d’ici et d’ailleurs, afin de démontrer qu’on peut faire autrement mieux. Mais aussi et surtout leur donner un coup de pouce de la part de conseillers ; fonctionnaires, professionnels, investisseurs ou créanciers, pour les presser de se former puis de se faire accompagner pour prendre le virage de l’innovation intégrale. Il n’y a pas de raccourcis ou de recette magique. Ce n’est pas une modalité, c’est une finalité.

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