Mission innovation : un enjeu de société

Enjeu de société

Ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux auront compris que l’innovation ne se limite pas à la fabrication de produits innovants. Il s’agit plutôt d’une transformation d’entreprise pour qu’elle soit innovante, soit l’innovation intégrale. Elle couvre l’innovation de gestion, de production (produits et procédés) et de commercialisation. Elle correspond ainsi à la définition qu’en fait l’OCDE dans le Manuel d’Oslo.

Or, une recherche du Centre Interuniversitaire de Recherche et d’Analyse des Organisations (CIRANO) datant de 2010 démontre que l’effet le plus important sur la productivité provient de l’innovation organisationnelle, que nous appelons innovation de gestion. Les deux autres types d’innovation, de production et de commercialisation, n’augmentent la productivité que s’ils sont accompagnés d’innovation organisationnelle.

L’innovation de gestion ne se résume pas à une réingénierie des processus. Elle remet en question les valeurs d’entreprise qui teintent son mode de gouvernance afin d’optimiser les façons de faire. Le défi consiste à mobiliser l’intelligence et la créativité de ses collaborateurs puis à s’ouvrir sur son écosystème pour en tirer des connaissances qui vont l’alimenter en retour. L’humain se trouve alors au centre de la démarche.

En 2013, l’Institut Gallup a publié une enquête menée auprès de 25 millions de personnes dans 189 pays et en 69 langues sur le niveau d’engagement des salariés à l’égard de leur travail. Au Canada, 16 % des personnes interrogées se sont déclarées engagées, 70% non engagées et 14% insatisfaites. L’impact sur la productivité oscille aux USA entre 450 et 550 milliards de dollars. Ramené à l’échelle québécoise, le déficit d’engagement en termes de manque à gagner dépasse les 10 milliards de dollars annuellement.

Que faut-il conclure de ces données ? D’abord que l’usine 4.0 et le virage numérique ne seront couronnés de succès que dans la mesure où ils se conjuguent avec l’innovation intégrale. Il s’agit donc d’une véritable révolution culturelle qui implique un changement de mentalité chez les dirigeants pour qu’ils ouvrent les vannes de l’innovation dans leur organisation. Cela vaut tout autant au plan économique que pour l’innovation sociale.

Des découvertes récentes en neurosciences nous fournissent des pistes d’action pour changer la donne afin d’optimiser l’engagement des collaborateurs qui constituent le moteur du changement. Alors qu’on maîtrise relativement bien la gestion du savoir-faire, des compétences, nous devons migrer vers la gestion de l’aimer-faire, des appétences. C’est là qu’on va pouvoir puiser la motivation et l’énergie pour faire autrement mieux.

Force nous est de constater que les dirigeants constituent parfois le goulot d’étranglement de leur développement. Il est donc impératif de non seulement les sensibiliser mais aussi de les former pour qu’ils comprennent pourquoi faire et comment faire afin qu’ils déterminent leur stratégie, le quoi faire qui s’avère contextuel. On aurait tort d’attendre qu’ils deviennent des leaders inspirants. Qu’ils soient simplement des facilitateurs.

L’innovation ne saurait se limiter à quelques entreprises héroïques en la matière. Une masse critique est requise pour déclencher une réaction en chaîne. C’est d’ailleurs ce que démontrent les travaux de Rupert Sheldrake sur la causalité formative qu’on illustre avec le récit du centième singe. A partir d’un moment, l’information se diffuse dans l’espace et le temps selon des lois qui ne relèvent pas de l’analyse purement rationnelle.

Les influenceurs politiques et économiques ont un rôle névralgique à jouer par rapport à la mission innovation. Pour ce faire, un certain nombre de ficelles doivent nécessairement être attachées dont la cohérence et la congruence vont permettre une véritable transformation, C’est à ce prix que le Québec peut devenir, à l’instar de la Silicon Valley, l’Innovation Valley, au cœur de la vallée du St-Laurent. C’est une mission de co-création.

Commenter et partager pour dégager des perspectives et élargir la vision grâce à une convergence des consciences.

Michel Dionne est conférencier et formateur en innovation intégrale

Pour information sur le microprogramme en innovation de gestion, cliquez ici.

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